grimper dans le monde

Vendredi 1er novembre, 3h00 du matin. Malgré l'horaire tous les participants au stage adulte de l'automne sont là. Il faut dire aussi que nous n'avons guère la possibilité d'une grasse matinée si nous voulons être à l'heure à l'aéroport de Milan. Nous voilà donc partis via le col du Petit Saint Bernard vers la capitale lombarde. Un premier vol nous transporte en un peu plus de 2 heures jusqu'à Athènes. Nous profitons de la longue escale dans la cité grecque pour une visite concoctée (merci Amandine, merci Catherine) de quelques vieux monuments: Acropole, stade panathénaïque, bibliothèque d'Hadrien ….  Une visite rapide et efficace grâce à notre guide personnel et agrémentée de points de vue sur la ville (merci Guillaume). Après un premier repas pour tester les spécialités culinaires grecques, retour à l'aéroport pour une nuit courte et inconfortable.
Samedi, un nouveau vol pour Kos, puis un transfert en ferry et nous voici enfin sur l'île de Kalymnos. Kalymnos, un paradis pour grimpeurs (entre autres) avec une multitude de voies réparties sur de nombreux sites. Il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux. Pour le premier contact avec le calcaire kalymniote et après 2 nuits un peu trop courtes nous attaquons tranquillement notre semaine de grimpe dans le secteur Poets. Tranquillement mais pas pour tout le monde puisque certains n'hésitent pas à aller jusqu'au vol dès cette première séance. Il nous faudra même «arracher» un Robert surmotivé et en pleine forme de la falaise pour pouvoir goûter à un premier repos mérité.
Dimanche, le réveil est prévu à 9h, de quoi récupérer au mieux des 2 journées précédentes. Petit déjeuner en terrasse face à la mer, préparation des sacs et en avant pour une deuxième journée. L'un des avantages de l'île est que de nombreux sites sont accessibles à pied depuis Massouri, notre camp de base. Aujourd'hui c'est la plus longue approche du séjour, 45 minutes de marche pour accéder au secteur Iliada. Dalle tranquille, mur raide mais prisu, voie déversante le choix est vaste.
Lundi, avec la chaleur programmée ce jour nous allons chercher l'ombre au secteur Odyssey, proche d'Iliada. Là encore un vaste choix pour contenter tout le monde avec quelques belles chutes à la clef, même le coach y a eu droit, ainsi que de belles réussites. Comme dans la plupart des secteurs les voies sont longues, une excellente école pour apprendre à s'économiser : placer les pieds, gérer au mieux les repos pour enfin clipper le relais.
Après une journée de repos forcé mardi consacrée à une visite de Pothia, ville principale de l'île, nous revoilà de retour en falaise mercredi avec un temps toujours incertain. Tellement incertain que nous n'aurons le temps de ne faire qu'une voie avant de nous réfugier dans les grottes alentours. L'intérieur est à l'abri de la pluie, idéal pour grimper. Seul bémol, avec les résurgences certaines portions se sont transformées en véritables patinoires. A se demander si un farceur n'a pas vidé nos sacs à «pof» pour les remplir d'huile d'olive. Spartan Wall, Spartacus, Panorama, Grande Grotta sont au programme du jour. De quoi s'offrir un beau pendule pour finir la journée en beauté. L'accalmie météo nous permettra de rejoindre notre camp de base au sec. Accalmie de courte durée, car nous assisterons le soir à un feu d'artifice grandeur nature de toute beauté.
Jeudi, la journée commence comme d'habitude par le remplissage des bouteilles d'eau à la fontaine publique. L'eau est courante dans les logements mais elle est salée. Pas de problème pour se laver, mais pour le petit déjeuner ça ne passe pas vraiment. Nous profitons du retour du beau temps pour louer des scooters, refaire le plein du frigo et partir à la conquête d'un site plus lointain : Arhi. Journée principalement en dalle sur des prises acérées sur lesquelles il ne ferait pas bon tomber.
Vendredi, cela fait quelques jours déjà que l'île de Telendos nous tend les bras, juste en face de nous. Alors, puisque le beau temps est toujours là c'est l'occasion de lui faire une visite, histoire aussi de voir à quoi ressemble Kalymnos vue d'en face. Une demie-heure de traversée en bateau, un accostage impressionnant de maîtrise, 5 minutes de marche et nous voici sur un rocher aussi beau que celui d'en face. Pas étonnant puisque c'est le même, les deux îles ayant été séparées par un tremblement de terre au 6ème siècle. Secteur Irox pour commencer puis Pescatore, nous ne ferons qu'effleurer les nombreuses possibilités de Telendos, tout comme pour les autres sites d'ailleurs.
Samedi, après une semaine, le rituel du petit déjeuner est bien installé, café ou thé pour les uns, chocolat ou même Coca Cola pour les autres. Ce matin là c'est une Catherine matinale et volontaire qui s'est dévouée pour aller faire le plein d'eau potable, quel dommage d'avoir oublié les bouteilles ;o) De nouveau location de scooters pour se rendre sur le site d'Arginonta. Là encore les notes de musiques sont nombreuses. C'est le système de classification utilisé dans le topo pour notifier les plus belles voies. *, **, *** ou ♪ pour les plus belles, même si cette cotation n'est qu'indicative et suggestive. Une dernière journée au soleil à attendre l'arrivée salvatrice de l'ombre, et un final à la frontale pour ne pas changer.
Dimanche, les sacs sont prêts depuis la veille au soir, réveil matinal, les taxis nous attendent à 6h15 pour nous conduire à Pothia. Bateau jusqu'à Kos, taxis pour l'aéroport, suivi d'une longue attente. Attente si longue qu'on en oublierait presque d'embarquer. Heureusement Robert est là pour nous rappeler qu'il est temps d'enregistrer nos bagages.
De nouveau Athènes, cette fois pas de visite, puis Milan où nous récupérons nos voitures. Le retour à la civilisation est brutal avec une heure de bouchon au péage. Le retour en hiver est brutal aussi avec la neige qui nous attend au tunnel du Fréjus. Quelques heures à peine après avoir déambulé sur des routes désertes, quelques heures à peine après avoir grimpé au soleil en espérant la venue de l'ombre, ça, c'est métal !!


Après l'Ardèche ce printemps, le stage adulte se déroule en ce mois de novembre en Sardaigne. Cette île de 24090 km² de Méditerranée, plus précisément de la mer Tyrrhénienne, dont la capitale est Cagliari, est composée de 8 provinces abritant 1 672 804 habitants. Les principaux revenus sont ..........….. mais le quota culturel étant atteint revenons à nos moutons ou plutôt à nos cochons sauvages, plus emblématiques de la faune locale.

Tout commence le dimanche 11 novembre par un trajet via le tunnel du Fréjus et les autoroutes transalpines (merci Samson pour le véhicule qui nous aura permis un voyage convivial et pour certains de découvrir que la mouette n'a pas forcément le goût que l'on croit) jusqu'à Livourne, prêts à passer la nuit sur le ferry, direction Olbia puis Cala Gonone, camp de base de notre séjour.

Avec la pluie qui tombe sur l'île, direction la grotte de Bidirriscottaï, pour une prise de contact avec un rocher à l'adhérence rendue plus qu'aléatoire par l'humidité ambiante.

Ce sera un départ laborieux avec beaucoup de moulinettes. Entre les zippades dans les voies et un trajet aller-retour le long d'une mer houleuse ça commence fort et c'est avec plaisir que nous retrouvons notre logement à quelques mètres seulement de la plage.

Au deuxième jour nous partons pour Cala Fuili. 5 min de marche pour descendre dans la gorge, des falaises désertées en cette saison, des départs de voies les pieds dans l'eau, la plage toute proche, voilà qui ressemble plus à des vacances. L'endroit ne manque pas de cailloux équipés; tant mieux; avec la mer encore bien agitée, mieux vaut prendre un peu de recul et s'en éloigner un minimum.

Premières agréables sensations sur un calcaire travaillé et adhérent. Après un timide bains de pieds et un repas sur la plage, nous partons en reconnaissance digestive le long de la gorge. Certains imaginent une possible randonnée dans ces lieux sauvages, d'autres se tordent le cou à regarder les nombreux dévers équipés de part et d'autres de la vallée ou rêvent aux possibilités d'équipement qui semblent sans limite.

Après une journée de repos mardi consacrée pour cause de mauvais temps à quelques visites touristiques au cœur de l'île et à la spéléologie, nous voici mercredi de retour sur les falaises. Aujourd'hui ce sera Budinetto et ses voies en dalle. Encore du beau calcaire avec pour agrémenter la journée, une révision sur les manips en grandes voies. D'abord à quelques mètres du sol puis en situation réelle. Comme d'habitude le retour se fera à la frontale.

Jeudi, une étroite route à travers la montagne, parsemée de cochons sauvages nous amène sur le site de Buchi Arta à 300 mètres au dessus de la mer. Très beau site à ne pas louper. Nous voici au pied d'un mur vertical voire déversant. Une cinquantaine de voies nous attendent longues et homogènes, nous en ferrons beaucoup moins.

Le lendemain, journée de grand beau temps, direction Cala Luna. A la marche d'approche d'une bonne heure nous préférons le trajet en bateau. Là sur la plage c'est gros dévers. Heureusement, un rocher plus propice nous attend à côté pour commencer en douceur. Nous y grimperons la matinée, avant de tester enfin la température de la mer, fraîche. Puis viendra le moment d'affronter les fameux dévers avec de beaux combats en perspective.

Dernier jour de grimpe, le retour du mauvais temps est annoncé. Nous voilà de nouveau à Bidirriscottaï. Cette fois que du plaisir, l'adhérence est au rendez-vous. Et vu que c'est le dernier jour, plus besoin de garder des forces pour le lendemain.